Les actes

« DiscrimiNONs-nous ? »

 Un colloque organisé par la cellule « Egalité des chances et Lutte contre les discriminations ».

 
L’actualité et la réalité de terrain nous le rappellent tous les jours : des comportements, des attitudes, des décisions, des procédures peuvent induire des processus discriminatoires –souvent non intentionnels – qui vont léser des personnes dans leurs droits et/ou dans leurs aspirations individuelles, familiales ou collectives. Ces discriminations concernent, par exemple, les relations entre les femmes et les hommes, les dimensions relatives à l’âge, à l’origine, à l’orientation sexuelle, au handicap des personnes…, tous critères protégés par les lois antidiscrimination de mai 2007.
 
Dans ce cadre, et afin d’objectiver les initiatives qui relèvent de la COCOF, une étude (2015) a été conduite par le bureau d’étude SONECOM et l’UCL. Elle a mis en lumière une méconnaissance relative de l’arsenal juridique antidiscrimination, des processus qui amènent à discriminer ainsi que des instances compétentes en matière de lutte contre les discriminations, etc.
 
Aussi, décision fut prise par la COCOF de développer, en collaboration avec Unia et l’Institut d’Egalité Femmes Hommes, des outils de sensibilisation visant à la fois les agents de l’administration (tous niveaux confondus) et les travailleurs des associations.
 
Ces outils ont pris la forme d’un film réalisé par le Centre Vidéo de Bruxelles (2017) et d’un cahier pédagogique réalisé par BEPAX (2018). Tous deux ayant répondu à un appel d’offres spécifique lancé par Unia. Un comité d’accompagnement a permis d’encadrer les deux projets afin d’assurer cohérence et continuité.
 
Le colloque, intitulé « DiscrimiNONs-nous » s’est déroulé ce mardi 12 juin 2018 à la Maison des Cultures et de la Cohésion sociale de Molenbeek, au cœur de la ville.  Cette matinée est animée par Madame Martine Cornil, ex-journaliste de la RTBF.
 
 
Il débute par la projection du film “Le signalement” réalisé par Jacques Borzykowski du Centre Vidéo de Bruxelles (CVB). Ce film s’est nourri de témoignages d’agents de l’administration et de travailleurs sociaux d’associations subsidiées. Des histoires concrètes. Bien ou mal vécues. Bien ou mal traitées. Mais qui montrent combien nul n’est à l’abri d’une dérive discriminatoire et que sans cadre méthodologique clair, précis et connu, leur traitement est difficile ou inefficace. Jacques Borzykowski souligne que la réalisation de ce film a été un long cheminement, à la fois pour les témoins, mais aussi pour l’équipe de tournage, tant la matière abordée est délicate.
 
 
 
Le “Cahier pédagogique” élaboré par BEPAX, quant à lui, remet les choses à plat et reconstruit le processus qui peut nous mener du stéréotype à la discrimination. Une discrimination qui peut être le fait d’une personne identifiable mais aussi un effet de structure, donc plus difficile à identifier et à combattre. Madame Betel Mabille, de l’asbl Bepax, nous explique que les deux outils sont complémentaires, comment a été conçu le cahier, comment il peut être utilisé à la fois par les formateurs, mais aussi les responsables d’associations, les chefs de service, les personnes de confiance ou toute personne voulant connaître le processus de discriminations. Le cahier pédagogique est divisé en plusieurs parties et chaque partie est alimentée d’exemples et d’illustrations : Comment en arrive-t-on à discriminer ? Quelles sont les conséquences des discriminations ? Quelle est la législation anti-discrimination? A qui s’adresser lorsqu’on est victime ou témoin d’une discrimination ?
 
 
Ensuite, Madame Ginette Herman, professeur à l’UCL, présente l’étude réalisée en 2015 sur « la perception et la gestion des discriminations au sein de la Cocof et des associations subventionnées par la Cocof ». Elle rappelle succinctement le cadre conceptuel qui a guidé l’enquête et la méthodologie. Elle présente ensuite la perception par les travailleurs de la nature et de l’ampleur des comportements discriminatoires dans leur environnement professionnel, leur connaissance du cadre légal et institutionnel en la matière, leur façon actuelle de faire face à la question des discriminations, en mettant en évidence les modalités de gestion des situations discriminatoires rencontrées, et les besoins des travailleurs en termes d’outils de lutte.
 
Enfin, elle propose des recommandations :
o   agir au niveau des individus : améliorer l’identification des discriminations en formant les travailleurs sur base de situations concrètes rencontrées à la Cocof ou dans les associations,
o   agir au niveau de l’organisation : agir sur les normes de non-discrimination en créant une culture d’entreprise et en donnant du sens, et agir sur les conditions de travail en créant des contacts inter-groupes à tous niveaux.
 

Madame Cornil anime un débat avec un panel de quatre invités représentant diverses associations et administrations : Madame Martine Bollu, Diversity Manager du SIAMU, Madame Tamimount Essaïdi , Directrice de la Maison de Quartier Saint-Antoine, Monsieur Damien Logghe, Directeur de l’Entreprise de Travail Adapté L’Ouvroir et enfin Monsieur Patrick Charlier, Directeur de Unia. Ils témoignent de leurs bonnes et mauvaises pratiques au sein de leur institution. Un moment de questions et réponses donnera l’occasion au public de rebondir  sur des situations.

 
 
 
 
Enfin, Monsieur Eric Corijn, philosophe de la Culture et sociologue, clôture les débats de la matinée en apportant son éclairage académique et son expertise des questions de discriminations, tout en y rajoutant une approche des réalités bruxelloises très pertinente. 
 
Madame Lambrechts informe les participants que cette journée est le commencement d’une nouvelle dynamique sur le thème des discriminations au sein de la Cocof mais également au sein des associations. Il s’agit non seulement de faire vivre le film et le cahier pédagogique au sein du secteur, mais aussi d’inscrire structurellement la lutte contre les discriminations au cœur du projet général porté par la COCOF.
 
Tout d’abord, des journées de formations sont proposées gratuitement aux associations subventionnées par la Cocof. Dix journées de formation pour 20 personnes maximum sont organisées de septembre à novembre 2018.
L’objectif est que chaque personne suivant la formation puisse repartir en ayant compris le processus amenant à discriminer et puisse ainsi agir sur son lieu de travail mais également au-delà, dans l’objectif d’une société plus juste et plus égalitaire.
La formation sera ponctuée d’exemples pratiques et d’illustrations extraites du film « Le Signalement » pour ancrer la théorie dans la réalité de notre société.
Nous n’oublions pas non plus les agents de la Cocof, tous niveaux confondus, pour lesquels des formations seront aussi prévues dès 2019.
 
Les actes du colloque sont en cours de rédaction!
 
Voici, ci-dessous, les photos du colloque :
 
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